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Le mot de
l'auteur :
Le vrai sujet de ce
spectacle est, comme chaque année, la Passion du Christ. J'ai choisi, cette fois, un
angle très particulier en tentant une lecture à travers l'oeil de Judas.
Le personnage de Judas m'a toujours étonné.
Considéré depuis des siècles comme le traite absoluet le plus grand criminel de tous
les temps, Judas avait pourtant été choisi par Jésus lui-même pour être l'un
des douzes apôtres.
Mais c'est bien lui qui va conduire les
soldats jusqu'au campement de son maître, le dénoncer par un baiser, et recevoir pour
cela trente deniers. Il ira ensuite jeter le prix du sang et se pendre de désespoir.
J'ai bien du mal à comprendre que le Christ
de bonté et de pardon choisit Judas, qui sera damné par ce choix. Pour moi, il y a là
une contradiction.
Mais si cette mort était nécessaire à la Rédemption, Judas n'a-t-il pas, malgré lui,
collaboré à cette rédemption ?
Et si Judas, au lieu d'être le traîte honni et bafoué dont l'histoire a véhiculé le
mythe, était le véritable initié, celui qui avait les faveurs du Maître, celuiqui
était à même de transmettre le message !
Dans ces conditions, la réhabilitation de Judas, si elle est acceptée, ne peut qu'être
totale, et le baiser de Judas, au lieu d'être celui d'un lâche indicateur, devient le
témoignage de la loyauté, du courage et de l'amour fraternel.
Dominique MARTENS, auteur et metteur en scène
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