THEATRE DE L'ALLIANCE

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le thème
les repères


 

LE VOYAGE DE MONSIEUR VICTOR

Le 4 septembre 1837 Victor Hugo arrive à Montreuil sur mer.

QUELQUES POINTS DE REPERES

1) Repères biographiques :

En septembre 1837, Victor Hugo a 35 ans. Il est marié depuis 15 ans avec Adèle Foucher, une amie d’enfance.

Ses enfants : Un premier enfant (Léopold) né il y a 14 ans est mort à l’âge de 3 mois, Léopoldine (Didi) a 13 ans, Charles 11 ans,

François-Victor 9 ans et Adèle 7 ans.

Ses parents sont décédés. Sa mère, Sophie (Trébuchet) Hugo est morte depuis 16 ans et son père, le général d’Empire

Léopold Hugo, depuis 9 ans.

Depuis 5 ans, la famille de Victor Hugo habite au 6 place Royale (aujourd’hui place des Vosges à Paris. Actuelle « Maison

Victor Hugo »)

Victor Hugo a deux frères Abel et Eugène. Abel poursuit une carrière militaire et d’essayiste comme son père. Eugène est

mort il y a 6 mois (20 février 1837).

2) En 1837, Victor Hugo a déjà beaucoup écrit :

- A 15 ans il est distingué par l’Académie Française lors d’une joute poétique, en 1819 il reçoit une première

distinction par l’académie des jeux floraux de Toulouse et en 1820 il est couronné « maitre es jeux floraux »

- A 17 ans il fonde « le conservateur littéraire »

- A 18 ans il se fait remarquer par son « Ode sur la mort du duc de Berry » et se voit attribuer une pension par Louis

XVIII

- A 20 ans : Odes et Poésies diverses

- A 21 ans, un premier Roman : Han d’Islande

- A 22 ans : Nouvelles Odes

- A 24 ans, un roman : Bug-Jargal, des poésies : Odes et Ballades

- En 10 ans, de 25 à 35 ans :

o des poésies : les Orientales (1829) , les feuilles d’automne (1831), les chants du crépuscule (1835), les Voix

intérieures (1837)

o des romans : Le dernier jour d’un condamné (1829), Notre Dame de Paris (1831)

o une nouvelle : Claude Gueux (1834)

o un essai : Littérature et philosophie mêlées (1834)

o des pièces de théâtre : Cromwell (1827 - la préface est un manifeste du romantisme). Marion de Lorme

(1829), Hernani (1830), Le roi s’amuse (1832), Lucrèce Borgia et Marie Tudor (1833), Angelo, tyran de

Padoue (1835)

3) En 1837, Victor Hugo est déjà célèbre :

Nommé Chevalier de la Légion d’Honneur, il y a 12 ans, Victor Hugo a bénéficié le 3 juillet 1837 (il y a 2 mois) d’une

promotion au grade d’officier. (Il ne sera élu à l’académie française que dans 4 ans (1841) après 4 échecs)

La notoriété de Victor Hugo atteint un large public, les pièces connaissent un vif succès, les tirages de ses livres sont

conséquents, ses revenus en croissance constante.

Certaines pièces ont aussi connu la censure : Marion de Lorme en 1829 (sera publiée en 1831) et Le roi s’amuse en 1832.

Victor Hugo n’échappe pas à la critique et aux caricaturistes (au premier desquels Honoré Daumier) qui ne manquent pas

de croquer son outrecuidance, son attachement monarchiste.

4) Orientations politiques en 1837 :

En 1837 Victor Hugo se définit comme : Libéral, socialiste et démocrate

(Dans Actes et Paroles -1850 il écrira « (…) voici les phases successives que ma conscience a traversées en avançant sans

cesse et sans reculer un jour (…) vers la lumière : 1818, royaliste ; 1824 royaliste libéral ; 1827, libéral ; 1828, libéral

socialiste ; 1830, libéral socialiste et démocrate (…) »)

En 1827, il rompt avec la monarchie, (l’ode à la colonne de la place Vendôme marque un ralliement au bonapartisme) en

1830 il soutient la révolution libérale de juillet. Il n’a pas encore de fonction politique.

5) Quelques événements de la vie de Victor Hugo qui ont marqué l’année 1837 avant son voyage d’été :

- 17 février : Victor Hugo promet à Juliette Drouet d'écrire chaque année un texte d'amour dans un cahier titré :

Livre de l'Anniversaire.

- 20 février : mort d’Eugène, frère de Victor Hugo. Plus âgé de seize mois, Eugène a partagé avec Victor et Adèle Foucher

(l’amour secret d’Eugène) les jeux d’enfants dans le jardin des Feuillantines, l’apprentissage du latin avec Victor Fanneau de

Lahorie, le collège des nobles en Espagne et l’hostilité de ses pensionnaires et l’incompréhension du moine don Bazile, la

pension Cordier, l’école du père Larivière, l’échoppe du loueur de livre Royol, leur goût pour la littérature, les débuts du

« conservateur littéraire »… une rivalité s’est instaurée entre les deux frères, Eugène a sombré dans la folie et fut interné à

l’asile de Charenton où il décède à 37 ans.

- 7 juin : La Presse s'étonne qu'à l'occasion du mariage princier (30 mai 1837) ne figurent ni Dumas, ni Balzac, ni

Victor Hugo dans les promotions de la Légion d'honneur.

- 8 juin : Victor Hugo s'excuse de ne pouvoir assister aux fêtes de Versailles données à l'occasion du mariage du

prince royal, Ferdinand-Philippe, duc d'Orléans, fils aîné de Louis Philippe.

- 9 juin : Le duc d'Orléans écrit à Victor Hugo pour s'excuser de l'oubli et lui assurer qu'il sera réparé.

- 10 Juin : membre du Comité des Arts et du Monument, il visite avec Balzac et Dumas le musée historique de

Versailles lors de son inauguration par Louis-Philippe

- 26 juin : En juin 1837, il publie un recueil de Poésies « les voix intérieures » en hommage à son père et dans lequel

il dédie un poème à son frère Eugène (n° XXIX « à Eugène vicomte H »)

- 3 juillet : Victor Hugo est fait officier de la Légion d'honneur. Il fait la connaissance d’Hélène de Mecklelembourg-

Schwerin, jeune épouse du duc d’Orléans et nièce du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III.

- Fin juillet, il offre sa médaille de la légion d’honneur à Juliette Drouet.

En 1837, Hugo est une personnalité incontestable de la littérature française et un certain nombre de détracteurs le juge

suffisant et plein de mépris :

« M. Hugo est depuis plusieurs années habitué à l’adoration de sa pensée. Il se contemple dans sa splendeur solitaire, et il

est heureux de se contempler » la revue des deux mondes 15 juillet 1837.

Au retour de son voyage, en octobre 1837, Hugo intentera un procès à la Comédie Française pour non respect de contrat

Il l’accusera de ne pas assez valoriser le répertoire qu’il crée à son intention exclusive. Il gagnera le procès.

Ruy Blas sortira en 1838.

6) Eléments de la jeunesse de Victor Hugo ayant pu marquer sa vie d’adulte :

- mésentente entre ses parents :

o Son père Léopold Hugo, est un militaire ambitieux, engagé depuis l’âge de 15 ans, et dont la carrière est

prioritaire sur son couple et sa famille. Bonapartiste il est affecté en 1800 à Nancy il y retrouve un ancien

ami Victor Fanneau de Lahorie, chef d’état major de l’armée du Rhin. Il est envoyé successivement à

Marseille, en Corse puis ile d’Elbe, où il aura une maîtresse, Catherine Thomas qui le suivra (et avec qui il se

mariera un mois après le décès de Sophie Trébuchet Hugo (1821)). Il participe activement à la conquête de l’Italie en

1805 et devient gouverneur de la province d’Avellino. Il suit, Joseph Bonaparte, devenu roi d’Espagne,

participe à la guerre d’Espagne et devient, au sommet de sa gloire, général d’Empire et comte de

Sigüenza.

o Sa mère Sophie née Trébuchet, orpheline depuis l’enfance, sans fortune est élevée dans le milieu de la

bourgeoisie Nantaise. Elle est séduite par le caractère enjoué de Léopold mais très vite elle est agacée par

son ambition et son manque de sensibilité. Elle ne supporte pas la vie dans l’est de la France, près de sa

belle famille et encore moins son exil dans le sud de la France. Alors que Léopold connaît des problèmes

d’avancement il envoie son épouse à Paris pour plaider sa cause. Elle y rencontre Victor Fanneau de

Lahorie, fin et cultivé, qui deviendra son amant et le parrain de l’enfant qu’elle porte et qu’elle

prénommera… Victor. Impliqué dans une tentative coup d’état Victor Fanneau de Lahorie, ne peut pas

faire grand-chose pour Léopold. Condamné à la peine de mort, il sera protégé et caché (pendant 18 mois)

par Sophie Hugo et deviendra pendant un moment le précepteur des enfants Hugo qui apprendront avec

lui le Latin. Sophie Hugo gardera une haine de l’empereur et souhaitera le retour de la monarchie.

- Des voyages qui forment la jeunesse : les souvenirs d’enfance de Victor Hugo remontent à la période où âgé de 6

ans il rejoint avec sa mère est ses frères son père, en Italie, alors gouverneur au Palazzo de Conciliis , puis à l’âge

de 8 ans lors de ce long et périlleux voyage, à travers la France et l’Espagne pour rejoindre en famille le général

Hugo au palais Masserano de Madrid . Témoins de « la différence des nations » mais aussi des exactions

occasionnées par les troupes impériales, sur le trajet du retour, les enfants Hugo aperçoivent un condamné que

l’on mène au supplice. « Ce fut la première rencontre de M. Victor Hugo avec l’échafaud » (Victor Hugo raconté par un

témoin de sa vie)

- Imagination et curiosité : Sophie Trébuchet-Hugo s’installe en 1809 au rez de chaussée d’un ancien couvent situé

à Paris, impasse des Feuillantines. A 7 ans « Victor y découvre le vaste jardin, ou rayonne la nature, magnifique

multiple cruelle parfois, hanté par un monstre imaginaire, âme sinistre d’un puisard desséché « le sourd » » dont

il s’est souvenu dans les Misérables. (« passion la légende et le siècle Victor Hugo » J. Picon, I. Violante). Les enfants Hugo sont

élevés par leur mère selon des principes éducatifs inspirés de l’Emile de Rousseau. (en 1881, attaché à cette rue

Victor Hugo interviendra auprès du préfet de la Seine pour la sauvegarde de la rue de son enfance). La vie aux Feuillantines

et les voyages auront développé chez les enfants Hugo, un sens aigu de l’observation.

7) Les infidélités d’Adèle et de Victor :

- A partir de 1827, Charles Augustin Sainte Beuve, critique littéraire et écrivain, grand admirateur de Victor Hugo

devient un ami de la famille et progressivement l’amant (1830) d’Adèle qui souffre de la distance de Victor.

(Sainte Beuve et Adèle rompront leur relation en octobre 1837)

- En 1833, Victor Hugo fait la connaissance de Juliette Drouet, qui interprète le rôle de la princesse Negroni dans sa

pièce « Lucrèce Borgia » au sein de la troupe de la Porte-Saint-Martin. Juliette Drouet est aussi le modèle et

l’amante du sculpteur et peintre James Pradier avec qui elle a eu une fille, Claire. Victor Hugo, jaloux, prend les

dettes de Juliette à son compte et lui fait rompre tout rapport avec ses amants (dont Cypion Pinel, fils de Philippe

Pinel). Leur union est scellée lors d’une nuit de carnaval du 16 au 17 février 1833. (nuit de noces de Marius et Cosette

dans les Misérables) La vie sentimentale et affective de Victor Hugo se partage alors entre Juliette, Adèle et ses

enfants.

Juliette restera fidèle à Victor Hugo tout le reste de sa vie et lui écrira près de 20 000 lettres.

- Adèle Hugo fera plusieurs tentatives pour éloigner Juliette de son mari, cependant le couple ne se séparera

jamais.

8) Les voyages de Juliette et Victor :

- Partageant avec Victor Hugo le goût du voyage chaque été ils effectueront un voyage rituel en amoureux.

- En 1834 du 22 juillet au 26 juillet. Juliette Drouet et Victor Hugo font ensemble leur premier voyage : Saint-

Germain, Triel, Meulan, Rolleboise, Louviers, Évreux, Pacy-sur-Eure, Poissy.

À la suite d'une scène entre les deux amoureux, Juliette Drouet quitte Paris pour Brest, avec sa fille Claire le 2

août. Victor Hugo quitte Paris le 5 août pour rejoindre Juliette Il arrive à Brest le 8. (visite du bagne) Réconciliés

Juliette et Victor Hugo quittent Brest et du 11 au 31 août visitent Carnac, Locmariaquer, Auray, Vannes, Nantes, Angers,

Tours, Amboise, Orléans, Blois, Pithiviers ,Yèvre-le-Châtel, Étampes, Montlhéry, Palaiseau, Versailles, Saint-Germain, Gisors , Beauvais,

Senlis ,Chantilly, Saint-Germain, Jouy-en-Josas.

Lundi 1er septembre : Victor Hugo installe Juliette Drouet près de Jouy, dans la vallée de la Bièvre, aux Metz. Il

rentre seul à Paris. Le 3 septembre Victor Hugo séjourne aux Roches chez les Bertin (directeur du « journal des

débats ») (non loin de Jouy) avec sa femme et ses enfants.

- En 1835 du 25 juillet au 22 août : Montereau, Bray-sur-Seine, Provins, Coulommiers, Château-Thierry, Oulchy, Soissons, Coucy,

Laon, La Fère, Saint-Quentin, Péronne, Lamotte-en-Santerre, Amiens, Abbeville, Eu, Le Tréport, Dieppe, Saint-Valery-en-Caux, Fécamp,

Étretat, Montivilliers, Le Havre, Bolbec, Lillebonne, Tancarville, Caudebec, Jumièges, Duclair, Rouen, Les Andelys, La Roche-Guyon, Mantes,

Pontoise, Pierrefonds, Villers-Cotterêts.

- En 1836 avec Célestin Nanteuil (illustrateur des oeuvres de V Hugo) du 15 juin au 21 juillet : Chevreuse, Rambouillet,

Maintenon, Chartres, La Loupe, Nogent-le-Rotrou, Alençon (le 19 juin, Nanteuil les quitte), Lassay, Mayenne, Jublains, Ernée, Fougères,

Antrain, Pontorson, Dol, Saint-Malo, Châteauneuf, Dinan, le Mont-Saint-Michel, Avranches, Granville, Coutances, Saint-Lô, Saint-Jean-de-

Daye, Carentan, Périers, La Haye-du-Puits, Portbail, Barneville, Cherbourg (le 3 juillet, Nanteuil les y rejoint ce jour-là), Barfleur, Valognes,

Sainte-Mère-Église, Isigny, Bayeux, Courseulles-sur-Mer, Caen, Troarn, Pont-l'Evêque, Honfleur, Pont-Audemer, Yvetot, Saint-Valery-en-

Caux, Barentin, Rouen, Gisors.

- En 1837 , du 10 août-14 septembre : Le voyage avait pour but de découvrir les peintres flamands et de se rendre

à Anvers. Ils passeront par : Creil, Breteuil, Amiens, Picquigny, Abbeville, Doullens, Arras, Douai, Valenciennes,

Mons, Bruxelles, Louvain, Malines, Lierre, Thurnhout, Anvers, Gand, Audenarde, Tournai, Courtrai, Menin, Ypres,

Bruges, Ostende, Furnes, Dunkerque, Calais, Boulogne, Étaples, 4 septembre : Montreuil-sur-Mer, Bernay-en-

Ponthieu, Abbeville, Rambures, Gamaches, Eu, Abbeville, Mers, Ault, Cayeux, Saint-Valery-sur-Somme, Le Havre,

Elbeuf, Rouen, Pont-de-l'Arche… (il n’ira pas à Waterloo, qu’il refuse de visiter par patriotisme)

- « sur les pages d’un petit carnet ou sur des feuilles plus ou moins bien ficelées ensemble le poète esquissait

quelques dessins, copiait des noms de pays, des lignes de comptes, des épitaphes déchiffrées, des fragments de

vers venus en roulant ou en songeant. Il écrivait aussi à sa femme de nombreuses lettres pour lui raconter son

périple qu’il feignait d’accomplir en solitaire » (Juliette Drouet, maison Victor Hugo) Les observations, les anecdotes,

le récit de l’histoire des lieux qu’il traverse et des hommes qu’il rencontre préparent des livres.

9) En 1837, séjour à Montreuil sur Mer, ville qui deviendra un des lieux de l’action des Misérables (édité 25 ans

plus tard) :

Sur huit livres constituant la première partie intitulée « Fantine » les quatre derniers (soit environ 150 pages) situent

l’action à Montreuil sur mer où se noue l’intrigue du roman.

Lorsque 8 ans après, en 1845, il se lance dans l’écriture de son roman, Victor Hugo se souvient sans doute :

- que le 4 septembre 1837, 6 ans jour pour jour avant la noyade accidentelle et mortelle de sa fille Léopoldine, il lui

écrivait de Montreuil sur Mer.

- des raisons de son passage dans cette ville : il voulait déjeuner à la « Cour de France » une auberge qu’on lui

aurait recommandée, or il paraîtrait qu’une jeune servante de cette auberge se prénommait Cosette

- de l’église Saint-Saulve, dans laquelle il avait dessiné les fonts baptismaux (qu’il nomme « piscine romane »). Dans

les Misérables il baptisera une rue inconnue à Montreuil « la rue saint Saulve » (au coin de laquelle la mère

Buseaupied vend des herbes)

- de sa visite d’Arras et de Douai , peut-être sur les pas d’un célèbre repenti contemporain Vidocq ? (Vidocq est né à

Arras en 1775, forçat au bagne de Brest, interné à Douai envoyé au bagne de Toulon , il s’évade… devient chef de a police de

sûreté, il invente du papier infalsifiable et se retire pour créer une usine de papier qui le ruinera, il publie avec succès ses

mémoires en 1828 (il y a 9 ans) qui inspirent à Balzac le personnage de Vautrin dans 4 romans de la comédie humaine (1835

il ya 2 ans) et une pièce de théâtre (1840) et sans doute aussi à Victor Hugo… le personnage de Jean Valjean)

- de la rencontre avec un prêtre, qui lui inspire les traits de Mgr Myriel , évêque de Digne dans le roman.

- de sa méditation sur l’unité de la création.

- de la rencontre avec un jeune garçon, croquant dans une pomme, à qui il donne dix sous, pièce que l’on retrouve

dans les mains du petit Gervais, et que volera Jean Valjean.

- De cette rue pavée et en pente, maudite par les charretiers et les cochers (rue de la cavée saint Firmin)

Au moment où il choisit de donner le nom de monsieur Madeleine à Jean Valjean, peut-être se rappelle-t-il que :

- Un commandant d’artillerie qui logeait à la citadelle en 1837 s’appelait Joachim Madelaine.

- aux pieds des remparts, un village se nomme La Madelaine-sous-Montreuil.

- Marie-Madeleine est aussi une pécheresse repentie dans l’évangile.

10) Montreuil sur mer, (et la Picardie) dans les Misérables, quelques rappels :

- Jean Valjean (picard, originaire de Faverolles –Aisne) ancien bagnard de Toulon, en fuite après une récidive, arrive à

Montreuil-sur-mer, en décembre 1815, sous le nom de M. Madeleine. Il sauve deux enfants dans l’incendie de la

maison commune. Il crée à Montreuil-sur-mer une fabrique de verroteries en 1816 et devient un industriel

apprécié qui contribue à la prospérité de la ville. Il devient maire de la ville en 1820. Homme charitable, il

s'enrichit grâce à sa manufacture, mais n'oublie jamais les pauvres. Il fait construire deux écoles, il en sait

beaucoup sur les plantes et sur les animaux, il donne volontiers un coup de main à ceux qui en ont besoin.

- Fantine, native de Montreuil-sur-mer, part chercher fortune à Paris à l’âge de 15 ans, elle reviendra dans sa ville

natale à 22 ans en 1818, pour refaire sa vie et gagner l’argent nécessaire pour payer la pension qu’elle doit verser

au couple Thénardier aubergistes à Montfermeil qui ont accepté de garder sa fille Euphrasie surnommée Cosette.

Fantine se fait embaucher dans l’usine de M Madeleine. Puis pour faire face aux exigences des Thénardier qui

réclament toujours plus d’argent Fantine vend ses cheveux, ses dents et finalement son corps pour devenir une

fille publique. En 1823, à la suite d'une provocation d’un habitant de Montreuil sur mer, M Bamatabois, incident

dont elle n'est pas responsable, Javert l'arrête et veut l'incarcérer. Monsieur Madeleine, s'oppose à son

emprisonnement et la prend sous sa protection, car elle est gravement malade. Il la fait hospitaliser dans son

infirmerie et la confie aux bons soins des religieuses de l'établissement. Monsieur Madeleine lui promet de lui

ramener Cosette.

- Javert est inspecteur de police de Montreuil-sur-mer depuis 1820 après avoir été affecté au bagne de Toulon.

Très vite il reconnaît la force et la jambe boiteuse de l’ancien forçat Jean Valjean dans monsieur Madeleine le jour

où ce dernier soulève la charrette qui écrase Fauchelevent, un picard. (Fauchelevent originaire de Picquigny près

d’Amiens –cf livre 8 ch 8). En février 1823, M Madeleine dévoile sa véritable identité à la justice pour innocenter un

indigent, (Champmathieu , picard, originaire d’Ailly le Haut Clocher) accusé d'être Jean Valjean. Javert vient l'arrêter

alors qu'il se trouve auprès de Fantine alitée. Mourante sans avoir revu sa fille, Jean Valjean, lui fait la promesse

de s'occuper de Cosette. Incarcéré à la prison de Montreuil, Jean Valjean s’en évade et doit sa liberté au

mensonge de Soeur Simplice.

11) « Le Voyage de Monsieur Victor » pièce de Dominique Martens

La pièce fait revivre le petit peuple de Montreuil sur mer que rencontrent Victor Hugo et Juliette Drouet en septembre

1837.

Des lieux, des personnages, des situations, qui parmi tant d’autres au cours de ses voyages, inspireront l’auteur des

Misérables et alimenteront son oeuvre.

Les dialogues créés par Dominique Martens sont tirés des lettres à Adèle écrites au cours de ses voyages dont la lettre

écrite à Bernay-en-Ponthieu le 5 septembre et relative à son passage la veille à Montreuil sur mer.

Tous les textes dits par Victor Hugo dans la pièce sont tirés de ses écrits, certains ont cependant été écrits après 1837.

 

                                                                         Stéphane Baudelet